Celui qui met en route la machine

Rende Steerenberg est responsable des équipes Opérations, qui aujourd'hui sont de retour dans le Centre de contrôle du CERN à l'heure du premier fonctionnement avec faisceau du LHC en 2017. (Image: Sophia Bennett/CERN)

Si vous dites à Rende Steerenberg que c'est lui qui appuie sur le bouton de redémarrage du Grand collisionneur de hadrons (LHC), il proteste énergiquement.           

« Mon travail ne se limite pas à ça, et il ne suffit pas d'appuyer sur un bouton! », explique-t-il en souriant. Rende Steerenberg est chef du groupe Opérations, c'est-à-dire de l'équipe chargée du bon fonctionnement du LHC et de la chaîne d'accélérateurs, ainsi que l'infrastructure technique correspondante.

Le LHC a redémarré, après près de cinq mois de maintenance et d'améliorations. Et si Rende Steerenberg nous dit qu'il ne s'agit pas simplement d'appuyer sur un bouton, c'est que démarrer le LHC suppose un lent processus, chaque élément de la chaîne étant mis en marche successivement, jusqu'au maillon final, le LHC. 

Control Centre,Life at CERN
« J'ai fait beaucoup d'alpinisme avant la naissance de mes enfants. C'est une activité assez dangereuse, alors j'ai arrêté quand je suis devenu père de famille, mais j'ai continué à aller en montagne, avec eux » nous raconte Rende Steerenberg, chef du groupe Opérations au CERN. Dans notre travail quotidien aussi, il faut faire preuve d'un grand sens des responsabilités ». (Image : Sophia Bennett/CERN)

 « Notre but est de faire tourner le LHC. C'est un travail d'équipe. Il y a beaucoup de personnes, jour et nuit, pour veiller au fonctionnement de la machine. Et les équipes du LHC doivent garder le contact avec celles du Synchrotron à protons, lesquelles doivent à leur tour garder le contact avec celles du Supersnychrotron à protons et du Booster du PS, et en cas de problème tout le monde doit se coordonner. »

Savoir reconnaître les mérites de chacun est un aspect important du rôle de Rende Steerenberg en tant que chef de groupe. Il aime beaucoup cet élément de son travail, et pense que, même s'il avait opté pour une profession différente, il serait sans doute dans un rôle similaire et encadrerait une équipe.

CCC,Beam,Accelerators
« En tant que chef de groupe, mon rôle est de gérer le groupe et les ressources, et de veiller à ce que tout fonctionne, que chacun dispose des bons outils, qu'il y ait les ressources humaines, etc. Cela me prend beaucoup de temps. Mais je reste très impliqué dans le fonctionnement des machines : comment améliorer la performance des injecteurs, produire des faisceaux plus brillants, accroître la luminosité intégrée du LHC, tout cela fait partie de mon travail, et tant mieux parce que c'est très intéressant. » Rende Steerenberg, évoquant la gestion des équipes qui se retrouvent dans le CCC. (Image : Sophia Bennett/CERN)

Les membres du groupe Opérations travaillent par roulement au Centre de contrôle du CERN (le CCC), dans lequel des îlots répartis aux quatre coins correspondent chacun à une machine particulière. C'est dans le CCC que la vie de groupe et l'esprit d'équipe se manifestent le plus clairement. 

« Le moment que je préfère, dans ma journée de travail, c'est quand j'arrive au CCC le matin. À mon arrivée, j'ai déjà passé en revue les registres, mais là, je peux discuter avec les gens qui se sont occupés des machines pendant la nuit. Quels ont été les problèmes, qu'est-ce qui s'est bien passé? » explique Rende. 

« Pendant les équipes de nuit, on partage des plats de pâtes, il y a une dynamique très forte. » – Rende Steerenberg

C'est d'autant plus appréciable que c'est un moment de relève des équipes, où il y a beaucoup de monde au CCC. Pour Rende, travailler par roulement, avec les membres des équipes qui apportent des plats de pâtes à partager pendant les longues nuits, c'est ce qui donne à l'équipe une telle dynamique. 

« Travailler dans une salle de contrôle, c'est très différent de travailler dans un bureau. En cas de conflit, dans un bureau, chacun peut s'enfermer dans son coin, jusqu'à ce qu'on décide de se rencontrer pour parler. Cela peut prendre des jours. Dans la salle de contrôle, c'est différent ; on se retrouve côte-à-côte lors de l'équipe de nuit suivante, sans personne autour, et on doit travailler ensemble dans le même îlot. C'est une atmosphère particulière, presque familiale. »

 

Pour en savoir plus

Tout sur le LHC

Le complexe d'accélérateurs du CERN et son centre de contrôle

Un panorama du Centre de contrôle du CERN dans Google Street View