Suivez le fantastique voyage du détecteur ICARUS

ICARUS a été rénové au CERN avant son départ vers Fermilab, aux Etats-Unis, un voyage qui durera plusieurs semaines. (Image : Maximilien Brice/CERN)

Il a déjà vécu dans deux pays différents, et le voilà en partance pour un troisième. Cette machine, la plus grande du genre, a été conçue pour détecter des particules extrêmement difficiles à saisir et nous permettre de mieux les connaître. Certaines des expériences scientifiques les plus avancées au monde reposent sur sa technologie de pointe. Cet été, il traversera l’océan Atlantique pour rejoindre son nouveau port d’attache (où l’attend sa prochaine mission), le Laboratoire national de l’accélérateur Fermi du département de l’Énergie des États-Unis.

Il s’appelle ICARUS, et vous pouvez suivre son périple terrestre et maritime grâce à une carte interactive consultable sur le site web du Fermilab et sur Facebook, Twitter et Instagram en utilisant le hashtag #IcarusTrip.

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Le détecteur mesure 18 mètres de long et pèse 120 tonnes. Sa vie scientifique a débuté en 2010, sous une montagne, en Italie, au Laboratoire national du Gran Sasso de l’Institut italien de physique nucléaire (INFN), lorsqu’il enregistra des données provenant d’un faisceau de neutrinos envoyé depuis le CERN. En 2014, ICARUS a été transféré au CERN pour être amélioré et rénové dans le cadre du programme de plateforme neutrino du Laboratoire.

Pour commencer, le détecteur doit arriver à bon port.  Aujourd'hui, il quittera le CERN, en Suisse, pour faire escale à Anvers, en Belgique. Le détecteur, scindé en deux parties identiques, voyagera alors à bord d’un bateau à destination de Burns Harbor, dans l’État d’Indiana, aux États-Unis. Chaque partie sera ensuite transportée par camion jusqu’au Fermilab. L’expédition devrait durer environ six semaines.

Le détecteur utilise une technologie de projection temporelle à argon liquide, permettant d’enregistrer une image 3D des particules produites lorsqu’un neutrino interagit avec un atome d’argon. Cette technologie, qui a été mise au point par la collaboration ICARUS, est celle qui a été retenue pour l’expérience neutrino souterraine internationale DUNE (Deep Underground Neutrino Experiment), qui sera hébergée au Fermilab.  

« Il y a plus de 25 ans, le prix Nobel Carlo Rubbia décida, dans une démarche visionnaire et avec l’aide et les ressources de l’INFN, d’utiliser de l’argon liquide comme détecteur de particules, réunissant la puissance visuelle d’une chambre à bulles et la rapidité et l’efficacité d’un détecteur électronique, a commenté le président de l’INFN, Fernando Ferroni. De nombreuses étapes sont venues démontrer le potentiel de cette technologie qui a été choisie pour DUNE, l’expérience à très grande échelle qui sera prochainement menée aux États-Unis et qui, avec ses 70 000 tonnes d’argon, dépassera largement les 760 tonnes nécessaires pour ICARUSEn attendant, au cœur d’une expérience du Fermilab, ICARUS tentera de déterminer l’existence d’un nouveau type de neutrino. Longue vie à ICARUS ! »

Plus d'informations dans le Communiqué de presse.

Ces activités de recherche sont soutenues par le Bureau des sciences du département de l’Énergie des États-Unis, le CERN et l’INFN, en partenariat avec des instituts du monde entier.