Première lumière pour la source de lumière SESAME

Messaoud Harfouche, scientifique travaillant auprès de la ligne de faisceau XAFS/XRF de SESAME, montre la trace de la première lumière monochromatique de SESAME. Image : SESAME

Allan, Jordanie, le 23 novembre 2017. Hier matin, à 10 h 50, les scientifiques de la source de lumière SESAME ont observé la première lumière monochromatique avec la ligne de faisceau utilisée pour la spectroscopie à rayons X (XAFS/XRF), ce qui marque le début du programme d’expérimentation du laboratoire. Cette ligne de faisceau, la première de SESAME à entrer en service, fournit une lumière à rayons X qui sera utilisée pour mener des recherches dans des domaines allant de la physique du solide aux sciences de l’environnement et à l’archéologie.

« Après toutes ces années de préparation, c’est magnifique de voir apparaître une lumière sur la cible, se réjouit Messaoud Harfouche, scientifique travaillant auprès de la ligne de faisceau XAFS/XRF. Un programme d’expérimentation fantastique nous attend ; il commence avec une expérience visant à étudier les métaux lourds qui contaminent les sols de la région. »

Le programme de recherche initial sera réalisé auprès de deux lignes de faisceau, la ligne de faisceaux XAFS/XRF et la ligne de faisceau utilisée pour la microspectroscopie à infrarouge (IR), qui doit rejoindre la ligne de faisceau XAFS/XRF cette année. Toutes deux présentent des caractéristiques qui les rendent appropriées pour des recherches dans divers domaines. Une troisième ligne de faisceau, consacrée à la science des matériaux, sera mise en service en 2018.

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Dans l'anneau de SESAME (Image : Noemi Caraban/CERN)

« Avec nos trois premières lignes de faisceau, SESAME disposera déjà d’une vaste gamme de possibilités en matière de recherches, ce qui permettra de répondre aux besoins de notre communauté d’utilisateurs, explique Giorgio Paolucci, directeur scientifique de SESAME. L’avenir de la recherche utilisant des sources de lumière au Moyen-Orient et dans les pays voisins apparaît très prometteur ! ».

La première lumière est une étape importante pour le processus de mise en service d’une nouvelle source de lumière synchrotron, mais il ne s’agit néanmoins que d’une étape sur le chemin menant au fonctionnement complet. Le synchrotron de SESAME fonctionne actuellement avec un courant de faisceau d’un peu plus de 80 milliampères, alors que la valeur nominale est de 400 milliampères. Le courant augmentera progressivement dans les semaines et les mois à venir, au fur et à mesure que les expériences commenceront.

« La création de SESAME est un élément majeur pour la recherche et la formation en science et en technologie au Moyen-Orient et au-delà, explique Khaled Toukan, directeur de SESAME. La Jordanie a soutenu financièrement et politiquement le projet depuis sa création en 2004, pour encourager la science et la paix dans la région. SESAME est le premier projet de ce type construit par de jeunes scientifiques, physiciens, ingénieurs et administrateurs qui viennent de cette partie du monde. »

Parmi les sujets susceptibles d’être étudiés au cours des premières expériences figurent la pollution, en vue d’améliorer la santé publique de la région, et également des études visant à identifier de nouveaux médicaments pour le traitement du cancer ainsi que des études relatives au patrimoine culturel, qu’il s’agisse de bioarchéologie – l’étude de nos ancêtres – ou encore de l’analyse de manuscrits anciens.

« Au nom du Conseil de SESAME, je souhaite féliciter le personnel de SESAME pour avoir franchi cette étape remarquable, a déclaré Rolf Heuer, président du Conseil. SESAME est un élément majeur qui vient s’ajouter aux infrastructures de recherche de la région ; ce laboratoire permettra aux scientifiques de la région d’accéder à toutes sortes d’installations, qu’ils ne pouvaient auparavant pas utiliser sans devoir se rendre en Europe ou aux États-Unis. »