Diversité : tous concernés !

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Le 27 janvier, j'ai passé une grande partie de la journée au Globe, où se déroulait la journée « Gender in Physics day », organisée dans le cadre du projet européen GENERA (Gender Equality Network in the European Research Area). Deux semaines plus tard, je me réjouissais de voir célébrer la Journée internationale des femmes et des filles de science, de l'UNESCO, à l'occasion de laquelle de nombreux événements étaient organisés partout dans le monde.

Dans les deux cas toutefois, le constat était le même : la plupart des participants étaient des femmes. Certes, après le discours liminaire de la Directrice générale du CERN, Fabiola Gianotti, dans lequel elle soulignait son engagement envers la diversité sous toutes ses formes, et décrivait les actions prises par le CERN pour promouvoir la diversité, c'est le Directeur général de l'ESO, Tim de Zeeuw, qui a pris la parole ; néanmoins, j’ai pu constater qu'au total, seulement 20 % environ des orateurs étaient des hommes, et, parmi le public, en tant qu'homme, je faisais largement partie de la minorité. C'est là qu'est le défi selon moi.

Chaque fois qu'il est question de diversité, ceux qui font partie de la majorité estiment la plupart du temps qu'ils ne sont pas concernés. Ils ont tort. La diversité doit toujours intéresser la majorité ; en science, où les hommes sont encore nettement majoritaires, il est important, non seulement que les femmes se frayent un chemin, mais que les hommes permettent aux femmes de progresser dans leur parcours.

C’est ce que j’essaie activement de faire dans mon université, et cela pour une bonne raison. Selon mon expérience, les femmes font d'excellents scientifiques. Cela ne devrait surprendre personne. Pour autant, un préjugé tenace demeure dans la société : celui selon lequel certaines disciplines conviennent mieux aux hommes alors que d’autres conviennent mieux aux femmes. Parmi les scientifiques également, qui ne devraient pourtant pas tomber dans ce travers, ce sentiment perdure d'une certaine manière, même si une démarche d’explication peut amener une prise de conscience. En tant que scientifiques, nous sommes bien placés pour savoir que la capacité humaine, dans tous les domaines, revêt des formes très diverses, et que l'excellence est partout.

On demande souvent aux femmes comment elles font pour élever leurs enfants tout en menant leur carrière. Moi qui suis père célibataire, cette question ne m'a jamais été posée. Les gens, qu'il s'agisse d'hommes ou de femmes, n'imaginent pas que cette situation puisse être un problème pour un homme. Mais alors, pourquoi cela serait-il un problème pour une femme ?

Que pouvons-nous faire pour changer cela ? On a souvent évoqué l'importance pour les femmes de pouvoir s'identifier à des modèles féminins. D'après mon expérience, cela a un effet indéniable. Il est par conséquent formidable de voir des femmes accéder à des postes à responsabilité dans le milieu scientifique. Disposer de modèles marquants de femmes est important non seulement pour les jeunes filles, mais également pour les jeunes garçons, si l'on veut briser ces préjugés qui ont la vie dure. C'est important pour tout le monde de voir les femmes réussir en science et ailleurs.

J'ai profité pleinement de ma journée au Globe : j'ai beaucoup appris sur les questions liées à la problématique homme-femme dans le domaine de la physique et j'ai participé à des discussions intéressantes sur cette question. Une chose que les hommes comme les femmes du monde scientifique peuvent faire est de participer davantage à ce type de manifestation. Et une belle occasion se présentera prochainement, avec la Journée internationale de la femme, le 8 mars. Renseignez-vous sur les événements qui seront organisés autour de vous, et n’hésitez pas à y prendre part ! Cette expérience vous apportera beaucoup et la science n'en sera que meilleure.