Les faisceaux sont de retour dans le LHC

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Même si démarrer le LHC est devenu un exercice de routine, c’est toujours un grand moment de voir se réveiller la machine après son arrêt technique hivernal. Alors que nous embarquons pour une deuxième année d'acquisition de données, la dernière avant le deuxième long arrêt du LHC (LS2), l’excitation est palpable. Cette année, il faut noter que le redémarrage de la machine s'est dès le début très bien déroulé.

Au cours des dix premiers jours, la disponibilité du LHC a atteint le chiffre très impressionnant de 88 %, et les opérations ont progressé plus rapidement que prévu. Durant la première semaine d'avril, nous avons travaillé avec des faisceaux nominaux, et avons pu fournir des « éclaboussures » de faisceaux aux expériences ATLAS et CMS. Une semaine plus tard, le 12 avril, nous avons obtenu les premières collisions tests.

Le déroulement sans heurt des opérations de redémarrage ne rend pas justice à l'énorme quantité de travaux de maintenance qui ont été réalisés durant l'arrêt technique hivernal (YETS), et au processus délicat de remise en route de la machine la plus complexe du monde. Avant que des faisceaux puissent être injectés dans le LHC, la chaîne d'accélérateurs en amont doit être remise en service : depuis la source de protons jusqu'au PS et au SPS en passant par le Linac 2 et le Booster du PS. Ce processus a commencé début mars. Parallèlement, les 1 560 circuits électriques du LHC ont progressivement été mis sous tension, et environ 10 000 tests ont été réalisés afin de préparer la machine à l'arrivée des faisceaux. Le fait qu’un tel déploiement d’activité passe inaperçu pour beaucoup d'entre nous, alors que nous suivons en direct la progression des opérations sur l’écran «  LHC Page  1 » et sur l’ensemble des écrans situés aux quatre coins du Laboratoire, témoigne incontestablement de l'efficacité et du dévouement de l'ensemble des équipes LHC. Je tiens à les féliciter toutes chaleureusement.

À l'heure où j'écris ces lignes, nous sommes en bonne voie pour monter le faisceau en intensité et passer la barre des 1 200 paquets par faisceau, qui nous permettra de commencer véritablement début mai à acquérir des données, notre objectif ultime étant d'atteindre les 2 556 paquets par faisceau. L'année 2018 est une année importante pour les expériences LHC. Il s'agit de la dernière année de l'exploitation II, dont le but ambitieux est d'enregistrer 60 fb-1 de données, en vue d'atteindre un total de 150 fb-1 de données sur l'ensemble de l'exploitation II. Que la physique commence !