Mick Storr (1949–2026)
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C’est avec une très grande tristesse que nous avons appris le décès de Mick Storr, survenu le 7 juin à Genève. Figure très respectée du CERN et formateur exceptionnel, il a inspiré des générations d’enseignants dans le monde entier.
Mick est né à Farsley, dans le Yorkshire de l’Ouest, en Angleterre, le 11 février 1949. Après avoir obtenu son doctorat à l’Université de Birmingham en 1975, Mick rejoint le CERN en tant qu’utilisateur affilié à l’Université de Lancaster, où il travaille sur le spectromètre OMEGA au sein de la collaboration Faisceau de photons. Il reste ensuite au CERN en tant que boursier, puis en tant que titulaire au sein de la division Données et documents, où il participe, dès les premières étapes, au développement des émulateurs. Il y conçoit des logiciels essentiels pour les émulateurs 168/E, utilisés par l’expérience UA1 lors de la découverte des bosons W et Z, puis par les émulateurs 3081/E, utilisés par la collaboration CERN-SLAC.
En 1989, il rejoint la division Électronique et informatique pour la physique, où il joue un rôle pionnier dans l’utilisation de la programmation orientée objet en physique des hautes énergies et apporte son soutien à l’équipe chargée du développement du World Wide Web. Ses fonctions de délégué à la formation au sein de la division le préparent à la seconde partie de sa carrière.
À partir de 1997, Mick prend la tête du programme de formation technique. Il le dirigera pendant près de dix ans, veillant à ce que l’offre de cours réponde à l’évolution des besoins du CERN. Parallèlement, aux côtés de Michelangelo Mangano, il cofondera et dirigera le programme du CERN pour les enseignants du secondaire. Mick avait un don rare : celui d’aider les enseignants à dépasser leur appréhension et à prendre pleinement conscience du rôle essentiel qu’ils jouent dans la mission du CERN, en formant les scientifiques et ingénieurs de demain. Grâce à sa vision et à son dévouement, les programmes du CERN destinés aux enseignants ont donné naissance à une communauté mondiale fondée sur la curiosité, l’amitié et la collaboration.
Une fois retraité du CERN en 2013, Mick retourne dans son alma mater en tant que boursier de recherche expérimenté honoraire et continue de contribuer à l’éducation scientifique en tant qu’utilisateur actif au CERN.
Beaucoup ont appris auprès de Mick, qui a été pour eux un mentor, un guide et une source constante d’encouragement. Les programmes du CERN destinés aux enseignants portent encore aujourd’hui l’empreinte des valeurs de Mick et de sa conviction profonde du rôle essentiel des enseignants et de l’éducation. Celles et ceux qui l’ont côtoyé se souviendront de ses conférences, de ses récits, de ses chansons, de ses barbecues et des innombrables fois où il a fait en sorte que chaque participant se sente accueilli et valorisé. Mick avait un talent rare pour nouer des liens avec des personnes de tous horizons et de toutes nationalités, en gardant le sourire qui le caractérisait tant.
Mick aimait rappeler qu’« au CERN, on ne se dit jamais adieu, mais simplement au revoir ». Si ces mots résonnent aujourd’hui avec une émotion particulière, ils reflètent aussi l’héritage exceptionnel qu’il laisse derrière lui à travers les nombreux enseignants dont il a marqué le parcours et enrichi la vie.
En dehors de son engagement au CERN, Mick avait de nombreuses passions. Sportif accompli, il excellait au squash au point d’être invité à rejoindre l’équipe nationale suisse. Grand amateur de football, qu’il pratiqua toute sa vie, il devint par la suite entraîneur. Mélomane, il était également membre actif de la Geneva Amateur Operatic Society. Avec le Club de ski du CERN, il passait la plupart de ses week-ends sur les pistes et releva même le défi de se mettre au snowboard après cinquante ans.
Mick laisse derrière lui ses filles Sophie et Scarlett, et ses petits-enfants Isabelle et Max, qui étaient pour lui une immense source de joie et de fierté.
Au revoir, Mick, et merci pour ces 51 années exceptionnelles que tu as consacrées au CERN.
Ses amis et collègues