Ancrage territorial
Un projet ancré dans la zone locale
L’histoire du CERN dans la région et ses relations étroites avec ses États hôtes, la France et la Suisse, remontent aux années 1950. Pour l’étude de faisabilité du FCC, le CERN a invité autorités locales et habitants à des réunions publiques, aussi bien au CERN que dans les communes concernées, pour répondre à leurs questions et préoccupations, et pour présenter les investigations menées sous terre, le contexte général ainsi que les objectifs visés. Ce dialogue avec la population et les administrations se poursuivra tout au long des phases du projet (décision, construction et exploitation).
Pour regarder l’enregistrement vidéo de la réunion d’information de mai 2025, cliquez ici

Débat public
Processus de participation citoyenne
Pour un projet d’une telle ampleur, informer et dialoguer sont essentiels : le CERN s’est donc engagé à échanger avec les populations locales en Suisse et en France.
France
La Commission nationale du débat public (CNDP), autorité nationale indépendante en France qui garantit le droit de la population à participer au processus d’élaboration de projets et politiques majeurs, a décidé d’organiser un débat public sur le projet FCC après avoir été saisie par le CERN et RTE, gestionnaire du réseau de transport d’électricité.
Le débat public organisé sous l’égide de la CNDP est la forme de participation du public la plus importante en France. Il se déroule sur plusieurs mois et prend différentes formes, notamment des réunions publiques, des ateliers, des tables rondes et des outils de participation en ligne. C’est l’occasion de poser des questions sur le projet FCC avant qu’une décision soit prise quant à son financement, et de discuter de l’évolution possible du projet.
Calendrier du débat public en France
Du mardi 2 juin au vendredi 2 octobre 2026
Suisse
Un exercice de participation de la population aura lieu en Suisse à la même période. Tout en respectant les pratiques établies en matière de démocratie participative et de concertation publique, le CERN a fait appel à Opinion publique, agence spécialisée dans l’accompagnement des consultations pour un projet, afin de mettre en place un processus de consultation et d’information dans la région. Le canton de Genève et la Confédération supervisent ce processus depuis sa phase de préparation jusqu’aux phases de mise en œuvre et d’établissement du rapport.
Un tiers de confiance indépendant, chargé de veiller au bon déroulement du processus de concertation sur le plan procédural, a également été désigné : il devra notamment faire le bilan de la concertation.
Calendrier du débat public en France
Du lundi 18 mai au vendredi 2 octobre 2026
France
En juin 2024, le CERN a saisi la Commission nationale du débat public (CNDP) pour une mission de conseil, dès la phase préliminaire du FCC, avant même la saisine formelle de l’institution pour l’organisation du débat public. La CNDP a ainsi désigné Mme Brigitte Fargevieille et M. Jonas Frossard le 3 juillet 2024. M. Jonas Frossard a été remplacé par M. David Chevallier en septembre 2025.
Dans ce cadre, la CNDP a conseillé le CERN sur la campagne d’information et de dialogue avec le territoire au sujet des campagnes de mesures géophysiques et géotechniques menées dans le cadre des études préalables au projet d’accélérateur FCC.
La CNDP a a recommandé la mise en place d’un plan d’action territorial permettant de maintenir un dialogue continu.
En 2024, une équipe du CERN, en présence de représentants des services de l’État, des communes et de la CNDP, a organisé sept réunions publiques en Haute-Savoie et dans l’Ain afin de présenter les premiers éléments du projet, notamment pour les communes suivantes : Pougny, Challex, Ferney-Voltaire, Prévessin-Moëns, Nangy, Contamines-sur-Arves, Groisy, Charvonnex, Marlioz, Cercier, Allonzier-la-Caille, Choisy, Amancy, Cornier, Arenthon, Scientrier, La Roche-sur-Foron, Éteaux, Vulbens, Dingy-en-Vuache, Savigny et Minzier.
Une grande réunion publique a en outre été organisée le 24 avril 2024 au CERN pour présenter les avancées de l’étude de faisabilité du FCC, et une autre, le 27 mai 2025, après publication de l’étude de faisabilité. Le CERN a ainsi pu engager le dialogue avec plus de 1 500 personnes sur le territoire en 2024.
À l’automne 2025, le CERN s’est engagé dans la poursuite d’un dialogue plus personnalisé en organisant cinq permanences en France. À cette occasion, les habitants ont pu échanger directement avec les équipes de l’étude FCC sur des plages horaires de cinq heures, dans les communes de Nangy, Groisy/Charvonnex, Challex, Ferney-Voltaire et Marlioz/Cercier.
Suisse
Le CERN collabore étroitement avec le canton de Genève et la Confédération.
Une grande réunion publique a été organisée le 24 avril 2024 au CERN pour présenter les avancées de l’étude de faisabilité du FCC, et une autre, le 27 mai 2025, après publication de l’étude de faisabilité. Le CERN a ainsi pu engager le dialogue avec plus de 1 500 personnes sur le territoire en 2024.
En outre, deux réunions publiques d’information ont été organisées en Suisse avec le soutien des communes concernées : au CERN le 18 février 2025, pour les communes de Dardagny, Satigny, Russin et Meyrin, et dans la commune de Lullier le 1er avril 2025, pour les communes de Presinge, Choulex, Puplinge, Jussy et Meinier. Ces réunions, qui ont rassemblé près de 200 participants, ont permis de présenter les avancées de l’étude de faisabilité du FCC, en particulier les investigations géotechniques menées dans la région, et de répondre aux nombreuses interrogations du public.
À l’automne 2025, le CERN s’est engagé dans la poursuite d’un dialogue plus personnalisé en organisant une permanence dans le canton de Genève. À cette occasion, les habitants ont pu échanger directement avec les équipes de l’étude FCC sur une plage horaire de cinq heures, dans la commune de Presinge.
Réunions et événements à venir
Le CERN près de chez vous : venez discuter du projet FCC
Calendar upcoming
Un voisin pas comme les autres
Peu de gens savent ce que c’est que de vivre à proximité d’un grand collisionneur circulaire.
En plus de former et d’accueillir une communauté variée de personnes, le CERN apporte de nombreux avantages économiques et industriels à la région. Les centres d’incubation d’entreprises pilotés par le CERN dans ses États membres, notamment dans le Pays de Gex et le canton de Genève, bourdonnent de créativité technologique. Les programmes éducatifs profitent chaque année à des milliers d’étudiants et à des centaines d’enseignants, en proposant de nombreuses activités organisées au CERN ou pouvant servir de ressources en classe, du niveau primaire au niveau supérieur.
Le CERN est une destination touristique majeure dans la région : il accueille environ 400 000 visiteurs chaque année. Il organise également des journées portes ouvertes pour donner aux habitants de la région l’occasion d’en apprendre davantage sur leur voisin, le LHC. Avoir une telle installation sous ses pieds comporte souvent plus d’avantages que d’inconvénients. Construire un tunnel de 91 kilomètres de circonférence ne sera toutefois pas une tâche aisée et, comme tout grand projet de génie civil, cela nécessitera la coopération de la population.
La construction du FCC permettrait d’agrandir les installations de recherche du CERN et d’étendre la portée géographique des avantages dont les deux États hôtes ont déjà bénéficié jusqu’ici.

Foire aux questions
Voici quelques-unes des questions qui reviennent le plus souvent au sujet du FCC, notamment lors des réunions avec les habitants.
Ce collisionneur est l’instrument scientifique considéré comme le plus prometteur par la communauté mondiale de la physique des particules en termes de perspectives de recherche et de variété des sujets d’étude. Il permettrait notamment d’exploiter pleinement la découverte du boson de Higgs et d’étudier le Modèle standard de manière approfondie.
En 2012, le CERN a découvert la particule fondamentale appelée boson de Higgs, complétant le Modèle standard (théorie qui décrit le comportement de la matière visible dans l’Univers) et ouvrant un nouveau chapitre pour la recherche. Le boson de Higgs est un outil formidable pour la recherche d’une nouvelle physique au-delà du Modèle standard.
Le LHC continue de produire des bosons de Higgs, et les expériences du LHC poursuivront leurs recherches jusqu’en 2040 ; après cette date, des accélérateurs de particules plus puissants et plus précis seront nécessaires pour faire avancer la recherche.
En effet, de nombreuses questions restent en suspens, car nous savons, grâce à l’observation de certains phénomènes dans l’Univers, que le Modèle standard n’est pas complet. Par exemple, bien que l’observation des galaxies ait fourni des indices solides de l’existence de la matière noire, sa nature fondamentale reste inconnue. La prédominance de la matière par rapport à l’antimatière dans l’Univers reste encore inexpliquée.
Ces questions, ainsi que des observations expérimentales telles que le fait que les neutrinos ont une masse, indiquent que le Modèle standard est incomplet. Pour y répondre, nous avons besoin de mesures d’une précision inédite, qui seraient rendues possibles par le FCC.
L’objectif principal du FCC est d’étudier en détail le boson de Higgs et ses interactions avec les autres particules élémentaires connues : il s’agira d’une « usine à Higgs ». Il sondera également d’autres aspects de la nature à l’échelle infiniment petite pour rechercher les moindres écarts par rapport à la théorie actuelle et étudier des phénomènes rares. Les objectifs sont notamment les suivants :
- mesurer le boson de Higgs et d’autres particules clés avec une précision inégalée ;
- rechercher de nouvelles particules, de nouvelles forces et des candidats potentiels à la matière noire ;
- comprendre pourquoi notre Univers contient plus de matière que d’antimatière ;
- explorer des phénomènes entièrement nouveaux grâce à l’amélioration de la précision et de la sensibilité.
Le FCC serait installé dans un tunnel souterrain en forme d’anneau d’une circonférence de 91 km, avec des puits de 200 m de profondeur en moyenne. Il serait plus profond et trois fois plus long que le LHC.
Pour déterminer le tracé du tunnel, l’un des critères était notamment que le complexe d’accélérateurs existant du CERN puisse servir de chaîne de pré-accélérateurs.
Ci-après une carte du tracé, qui traverse les départements de l’Ain et de la Haute-Savoie ainsi que le canton de Genève, avec une section sous le Léman.
Huit points d’accès sont prévus : un en Suisse et sept en France.
La surface de chaque point d’accès (ou « site de surface ») serait comprise entre 4 et 6 hectares, en fonction de sa finalité.
Le FCC est la machine qui a été jugée la plus efficace en termes de recherche pour étudier en profondeur de nombreux sujets prometteurs en physique des particules.
Ce choix a été fait à l’issue d’un rapport préliminaire de conception concernant le FCC, présenté en 2020 à titre d’élément de réflexion à prendre en compte pour la mise à jour de la stratégie européenne pour la physique des particules. En conséquence, le CERN a été mandaté par ses États membres pour réaliser une étude de faisabilité technique et financière du FCC qui sera présentée lors de la prochaine mise à jour de la stratégie, en mai 2026.
L’actuelle stratégie a été adoptée après la découverte au LHC du boson de Higgs, dernière particule non détectée prédite par le Modèle standard, qui décrit toutes les forces fondamentales connues (à l’exception de la gravité).
Le FCC, pour tirer parti de ces réalisations, serait un collisionneur électron-positon servant d’« usine à Higgs » : une installation spécialement conçue pour étudier le boson de Higgs. Il pourrait ensuite être transformé en collisionneur proton-proton capable d’atteindre des énergies de collision allant jusqu’à 100 téraélectronvolts.
La mission principale du CERN est la recherche fondamentale en physique des particules. Ce type de recherche repousse les limites de la connaissance pour comprendre les constituants fondamentaux et leurs interactions, ce qui permet de tirer des conclusions sur l’histoire et l’évolution de l’Univers.
Ce sont les nouvelles connaissances générées par la recherche fondamentale qui rendent possibles les grandes avancées : la science fondamentale est le socle de la science appliquée. Par exemple, sans l’équation fondamentale de la relativité générale formulée par Albert Einstein, des applications concrètes utilisées au quotidien, telles que le GPS, n’existeraient pas. Certaines applications, telles que les lasers, les circuits intégrés et les transistors, sont fondées sur les découvertes de la recherche quantique.
Les outils et technologies développés pour mener à bien ces recherches peuvent trouver de nombreuses applications directes pour la société : c’est le cas de l’imagerie médicale et de la thérapie hadronique, utilisée pour le traitement de certains cancers.
Ces technologies se diffusent dans la société grâce aux universités et instituts participant aux collaborations, et grâce au CERN lui-même, dans des domaines tels que l’aérospatiale, la sécurité, la protection de l’environnement et le patrimoine culturel.
S’il est approuvé, le FCC entrerait en service vers 2045.
2026
processus de participation citoyenne
2028
décision des États membres du CERN, dont la France et la Suisse, réunis au sein du Conseil du CERN, sur la réalisation ou non du projet
2026–2032
phase préparatoire
2033–2040
nouvelles études approfondies commandées par les États membres du CERN
Après 2038
travaux de génie civil
Après 2045
phase d’installation du FCC
mise en service et exploitation du FCC
En 2021, les États membres et États membres associés du CERN, y compris la France et la Suisse, ont demandé à ce que soit réalisée une étude de faisabilité. Cette décision faisait suite à la recommandation formulée par la communauté de la physique des particules dans la mise à jour 2020 de la stratégie européenne pour la physique des particules.
Le CERN, en collaboration avec des partenaires universitaires et industriels, mène actuellement des programmes de recherche visant à réutiliser les matériaux excavés lors de la construction du tunnel. L’objectif est d’utiliser au mieux les matériaux extraits du sous-sol, de préférence localement.
Une stratégie de gestion des matériaux est en cours d’élaboration avec les parties prenantes des États hôtes (France et Suisse), des universités et des entreprises spécialisées dans ce domaine.
L’objectif actuel est de réutiliser de manière locale la plupart des matériaux excavés, soit environ 70 %, afin de limiter les nuisances et le stockage. On estime en outre que 15 % des matériaux seront traités sur les sites d’extraction pour les rendre réutilisables. Les matériaux non récupérables seront transportés vers des centres de traitement et d’élimination spécialisés.
Les 85 % de matériaux récupérables seront réutilisés aux fins suivantes (les chiffres sont des estimations) :
– 10 à 20 % pour la production de ciment et de béton ;
· 40 % comme remblais de carrière ;
· 30 % pour l’agriculture, la foresterie et l’aménagement de terres et de friches industrielles. Ce chiffre pourrait être revu à la hausse en fonction les résultats du projet OpenSkyLab ;
- 10 % pour les autres filières de récupération (matériaux de construction, routes de campagne, création de tranchées couvertes).
Cette démarche s’inscrit dans le plan d’action de l’Union européenne pour l’économie circulaire ; elle respecte les bonnes pratiques adoptées par les deux États hôtes du CERN, la France et la Suisse.
Le volume total de matériaux qui seraient excavés pour la construction du FCC est estimé à 6,3 millions de m³, soit environ 16,4 millions de tonnes sur l’ensemble de la période de construction.
| Comparaison avec d’autres projets de construction | Quantité de matériaux excavés (en millions de tonnes) |
| FCC | 16,4 |
| Gotthard | 28,2 |
| Grand Paris | 43 |
| Lyon Turin | 37 |
| High Speed 2 (UK) | 130 |
| Crossrail | 8 |
| Stuttgart 21 | 40 |
Chaque année, les travaux de construction du FCC impliqueraient de gérer moins de 2 % de tous les matériaux extraits chaque année en France et 0,1 % des matériaux extraits chaque année en Suisse.
Le CERN et ses contractants s’engagent à limiter autant que possible les nuisances aux habitants. L’emplacement des sites de surface a déjà été choisi de manière à causer le moins de perturbations possible aux populations locales, à la campagne, aux paysages et, bien sûr, à la faune sauvage. Les camions transportant des matériaux excavés éviteraient au maximum les zones résidentielles. Les niveaux de bruit seraient maintenus au niveau le plus bas possible. Des mesures seraient prises pour garder les routes aussi propres que possible.
Le CERN s’efforce d’être un laboratoire scientifique modèle en matière de respect de l’environnement, en agissant de façon transparente, responsable et durable. Toutes les activités liées au FCC respecteront ces engagements et les règles environnementales en vigueur en France et en Suisse, ainsi que la législation de l’UE, notamment concernant la faune, la flore, la qualité des sols et de l’air, les ressources en eau, la biodiversité, la pollution par le bruit, la poussière et la lumière, et prendront en compte les infrastructures locales existantes et futures. Le projet appliquera systématiquement le principe « éviter-réduire-compenser ».
Le tunnel passerait sous terre et ne serait donc pas visible en surface. On verrait en revanche les huit sites de surface implantés le long du tracé du tunnel : quatre sites d’expérience occupant chacun jusqu’à 8 hectares, et quatre sites techniques occupant chacun jusqu’à 5 hectares. Ces surfaces comprendraient des aménagements paysagers afin qu’ils se fondent dans le paysage.
Les retombées économiques directes et indirectes du FCC sont estimées à 50 milliards de francs suisses, dont 4 milliards pour la région environnante grâce à l’augmentation des dépenses des ménages. Le rapport coût-bénéfice est estimé à 1,2 : cela signifie que chaque franc suisse dépensé rapporterait 1,2 franc suisse. Pour résumer, le projet devrait rapporter plus d’argent qu’il n’en coûterait.
Le coût du FCC avec quatre points d’interaction est estimé à 15 milliards de francs suisses, répartis sur 12 ans environ. Un tiers de ce coût est lié aux travaux de génie civil pour le tunnel. L’investissement viendrait principalement du budget récurrent du CERN ; il serait réparti sur plusieurs années et partagé entre les États membres et les partenaires internationaux du CERN. Des financements supplémentaires pourraient être apportés par des contributions publiques ou privées. Des donateurs du secteur privé ont déjà promis 860 millions d’euros, et le FCC est classé premier parmi les 11 projets d’envergure (« Moonshots ») possibles pour l’Europe cités dans le cadre financier pluriannuel 2028-2034 de la Commission européenne.
