Bernard Royce French (1931–2025)
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Bernard French, physicien qui participa à de nombreuses expériences, notamment auprès du spectromètre OMEGA au CERN, s’est éteint le 5 novembre 2025 à l’âge de 94 ans. Né en 1931, Bernard soutient sa thèse de doctorat en 1958 à l’Imperial College London, où il effectue ensuite un post-doctorat, puis rejoint le CERN en tant qu’attaché de recherche le 1er octobre 1961. Il devient membre du personnel titulaire le 1er mai 1962 et accomplit toute sa carrière au CERN, qu’il ne quittera qu’en 1996, au moment de son départ à la retraite.
Bernard se consacre d’abord à l’analyse des données issues de la chambre à bulles, s’intéressant tout particulièrement à la recherche et à l’étude des résonances mésoniques. En 1967, il devient membre d’un groupe de travail dédié à la conception du spectromètre OMEGA. Conçu comme une chambre à bulles électronique et situé dans le hall d’expérience de la zone Ouest, OMEGA présentait un volume magnétique de grande dimension, équipé d’abord de chambres à étincelles, puis de chambres à fils, et a connu au cours du temps différents systèmes de déclenchement et différents types de faisceaux incidents. Le groupe comprenait notamment : les physiciens Aldo Michelini, Emanuele Quercigh et Werner Beusch ; Otto Gildemeister en sa qualité de coordinateur technique ; et Mario Morpurgo, responsable de la conception de l’aimant supraconducteur du projet OMEGA. Le spectromètre OMEGA enregistra ses premières collisions en 1972 et poursuivit ses opérations jusqu’à la fin de l’année 1996. Bernard participa à de nombreuses expériences menées auprès d’OMEGA, celui-ci utilisant des faisceaux provenant d’abord du PS (Synchrotron à protons), puis du SPS (Supersynchrotron à protons).
Bernard était connu pour sa capacité d’effectuer sur un coin de table des calculs qui s’avéraient souvent meilleurs que les calculs finaux. Il était également doué d’une extraordinaire capacité à reconnaître les formes : il prétendait que si lui n’arrivait pas, à l’œil nu, à reconstituer les trajectoires, l’ordinateur n’y parviendrait pas non plus. Ses amis se souviennent de son imposante collection de voitures ainsi que de sa charmante maison au bord du lac, dotée de son propre petit embarcadère. Il n’était pas rare de croiser Bernard à la cafétéria du CERN, même dans son grand âge. Il n’aura jamais cessé d’être habité d’une passion inextinguible pour la physique.
Ses anciens collègues et amis