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Le créateur de C++ se livre sur l’avenir de la programmation

C’est devant une salle comble que Bjarne Stroustrup a expliqué en quoi une programmation plus sûre, plus simple et plus efficace pourrait préparer les logiciels scientifiques aux défis informatiques qui se profilent

Written by:

Alex Lasa Lamarca

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Le 14 juillet dernier, l’amphithéâtre principal du CERN était comble, à l’occasion du séminaire « 21st Century C++ », donné par Bjarne Stroustrup, créateur de C++, dans le cadre de la première édition de la CERN STEAM Academy. Environ 900 personnes y ont assisté, dont une centaine en ligne. Parmi celles présentes sur place, une partie a même pu le suivre depuis la Salle du Conseil.

Derrière les accélérateurs et les détecteurs du CERN se cachent des millions de lignes de code permettant d’acquérir des connaissances scientifiques à partir des collisions de particules. Ce travail repose sur plusieurs langages de programmation dont C++, qui sert à contrôler les détecteurs, traiter les données et simuler des interactions entre particules.

« Un bon logiciel est souvent invisible », a constaté Bjarne Stroustrup. L’idée est qu’il n’est pas nécessaire de rendre un logiciel plus compliqué pour en améliorer la performance. Un code qui gagne en clarté et en simplicité peut être plus rapide, plus fiable et plus facilement compris par les autres utilisateurs, un atout précieux pour le CERN, où des équipes venues du monde entier développent des logiciels susceptibles d’être utilisés pendant des décennies.

Dans un entretien avec Andrea Bocci, physicien au CERN, qui s’est tenu le lendemain du séminaire, Bjarne Stroustrup a évoqué les évolutions de C++, visant à rendre la programmation plus sûre ou à répondre aux besoins des nouvelles technologies informatiques. Il a également rappelé le rôle central de ce langage, qui est à la base d’outils couramment utilisés, comme Python, ainsi que de nombreuses applications d’intelligence artificielle, dont la performance est largement tributaire de C++.

Concernant les logiciels scientifiques, l’adoption de nouvelles idées doit se faire en fonction d’un juste équilibre entre innovation et fiabilité. Les développeurs doivent pouvoir expérimenter de nouvelles pistes, tout en préservant les systèmes existants et le savoir-faire acquis au fil des ans. À la question de savoir si C++ sera toujours un choix pertinent dans une quinzaine d’années, Bjarne Stroustrup répond avec optimisme : « Il s’agit d’un langage, d’un écosystème et d’une communauté qui sont destinés à évoluer. »

Accompagner les talents dans cette évolution est un enjeu majeur de la CERN STEAM Academy. Développé dans le cadre du projet Next Generation Triggers, ce programme s’étale sur dix semaines et propose des conférences, des travaux pratiques et un apprentissage collaboratif dans les domaines des logiciels, de l’informatique en périphérie et de l’apprentissage automatique. Les participants peuvent ainsi bénéficier de l’expertise de spécialistes issus du CERN, d’universités, de laboratoires de recherche et du secteur privé.

À l’heure où le CERN anticipe les besoins en calcul du LHC à haute luminosité, les compétences acquises dans les domaines couverts par ce programme aideront les chercheurs et les ingénieurs à développer et à faire évoluer les outils requis pour les expériences futures. La visite de Bjarne Stroustrup au CERN a donc été l’occasion d’interroger le créateur de C++ sur les enjeux d’un langage déjà bien ancré dans les activités quotidiennes de l’Organisation.

Retrouvez l’article complet et l’entretien (en anglais) dans le bulletin d’information du département EP.

Watch the full conversation with Bjarne Stroustrup:

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