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Des faisceaux bien aiguillés

Le SPS se prépare à l’exploitation à haute luminosité avec l’installation d’aimants de déflexion rapide plus résistants à la chaleur

Written by:

Kristiane Bernhard-Novotny

Installation of low impedance injection kicker magnets (MKP-L ) in the SPS
An interesting magnet development has been ongoing for the SPS injection kickers where the aim is to reduce significantly the beam-impedance-induced magnet heating of the MKP-L. On occasions it has already been necessary to limit the beam intensity in the SPS to prevent further heating of the MKP-L kicker magnets: the heating of the MKP-L’s will get worse with the beams required for HL-LHC. These type of magnets are very lossy from a beam impedance perspective: this is expected to be an issue during SPS operation with the higher intensity beams needed for HL-LHC (High luminosity LHC). After having validated a prototype module of this new development, four modules were assembled and installed into the SPS accelerator. In CERN’s Super Proton Synchrotron (SPS), a fast kicker system (MKP) is used for injection of the beam into the accelerator. Two different types of the MKP magnets are used: the so called MKP-S and MKP-L, which have different sized apertures. The MKP-S is used for injecting all beams into the SPS, whereas the MKP-L is required to inject protons for the LHC and for fixed target physics. SPS beam circulates through the aperture of the MKP kicker magnets, causing beam-induced heating, via beam coupling impedance. Due to the difference in the aperture dimensions, the MKP-L heats significantly more than the MKP-S. Source: CERN (CDS)

Dans tout le complexe d’accélérateurs, on procède à des mises à niveau en vue de la future exploitation du LHC à haute luminosité (HL-LHC). Il a fallu notamment trouver un moyen de réduire l’échauffement de certains aimants de déflexion rapide du SPS afin de les préparer aux futurs faisceaux de haute intensité. Dans leur conception actuelle, ces aimants subiraient un échauffement qui leur ferait perdre temporairement leur capacité d’infléchir le faisceau de la façon voulue. Pour éviter cela, une enceinte spéciale en céramique dotée de nervures argentées a été installée dans les aimants. Ces nervures réduisent fortement les interactions électromagnétiques entre le faisceau et la ferrite (non conductrice) des aimants. Grâce à cet effet d’écran, les aimants s’échauffent beaucoup moins. Les nouveaux aimants ont été installés pendant l’arrêt technique hivernal et viennent de réussir haut la main les premiers tests avec faisceau réalisés pendant le cycle de nettoyage du SPS, qui a commencé le 24 mars.

Seize aimants (12 petits et 4 grands), grâce à des impulsions cadencées, donnent une poussée aux faisceaux provenant de l'accélérateur PS afin de les amener sur l'orbite correcte dans le SPS. La synchronisation doit être précise afin d'éviter une déviation accidentelle des faisceaux, qui pourrait conduire à une perte de faisceau dans l'accélérateur. Le faisceau en circulation dans le SPS peut toutefois entraîner un échauffement important des grands aimants de déflexion rapide, utilisés uniquement pour les faisceaux de protons destinés au LHC. Ce problème a pu conduire par le passé à réduire l'intensité du faisceau pour éviter une surchauffe des aimants, mais il est désormais résolu grâce à l'installation d’aimants de conception nouvelle.

Les aimants de déflexion rapides d’origine ont été installés dans les années 1970. Les remplacer aurait été beaucoup plus onéreux que les adapter aux faisceaux du HL-LHC. L'équipe chargée de ces aimants (groupe SY-ABT) a trouvé un bon compromis, permettant à la fois de réduire l'échauffement des aimants, d’obtenir une montée du champ suffisamment rapide et d’optimiser le budget requis pour le matériau des aimants. La solution adoptée s'inspire largement de l'approche qui a fait ses preuves avec les aimants de déflexion rapide du système d’extraction du SPS. La principale différence tient au fait que, dans le cas des aimants du SPS, les nervures avaient été appliquées directement sur la ferrite des aimants d'extraction. Ici, elles sont placées sur deux chambres en céramique en forme de U, installées à l’intérieur de l'aimant. Chaque ensemble de nervures est relié à la plaque d'extrémité des aimants, soumise à une haute tension, ce qui limite efficacement la contrainte électrique qui s'exercent sur eux. Pour obtenir la performance haute tension requise tout en limitant l'échauffement, il a fallu plusieurs itérations dans la conception, et les opérations ont nécessité des échanges et une étroite collaboration entre les équipes des groupes SY-ABT et BE-ABP.

« Il y avait une difficulté particulière du fait que tous les composants devaient être prototypés et fabriqués en un temps très court », explique Laurent Ducimetière, qui a dirigé l’étude avec Mike Barnes et Thomas Kramer. Une fois que le prototype de l’aimant de déflexion rapide a réussi les tests de haute tension en laboratoire, l’équipe a construit une toute nouvelle enceinte à vide contenant quatre de ces aimants et l’a installée dans le SPS.

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