La réalité virtuelle au service de la sécurité

En novembre 2017 a eu lieu au CERN la première expérience de réalité virtuelle au service de la sécurité, permettant à plus de 100 participants d'explorer virtuellement le tunnel du Futur collisionneur circulaire (FCC). Pendant une semaine, une équipe de chercheurs de l'Université de Lund était sur place, aux côtés de spécialistes de l'unité HSE du CERN, pour effectuer des tests de réalité virtuelle dans le cadre de l'étude FCC.

Un accélérateur de particules théorique, qui serait logé dans un nouveau tunnel, d’une longueur de 100 km, offre une occasion exceptionnelle de réexaminer les méthodes actuelles en matière de sécurité et de proposer des concepts innovants, tels que des outils de réalité virtuelle, pour évaluer la sécurité. Les fonctions de suivi du mouvement et de 3D stéréoscopique des casques de réalité virtuelle créent un environnement à 360° immersif et interactif, où peuvent être testés facilement différents aspects et scénarios de sécurité.

Cette expérience de réalité virtuelle répondait à deux objectifs. Premièrement, elle visait à évaluer la manière dont la réalité virtuelle peut être utilisée pour comprendre le comportement humain dans un environnement simulé, et, deuxièmement, dans la mesure où la sécurité est la priorité absolue du CERN, à tester certaines des mesures de sécurité planifiées pour le Futur collisionneur circulaire.

L'expérience de réalité virtuelle a été conçue pour évaluer comment les personnes présentes dans le tunnel interpréteraient différents systèmes d'orientation les guidant vers les voies d'évacuation. Une identification rapide de ces voies est essentielle afin de limiter autant que possible la durée de l'évacuation. L'expérience permet en outre de tester le concept de compartimentation, une option activement étudiée pour le tunnel du FCC. « Le signal lumineux proposé est-il efficace ? Peut-on utiliser des robots semblables au système d'inspection monorail  fonctionnant actuellement dans le LHC pour diffuser correctement l’information et réduire la durée de l'évacuation tout en améliorant la sécurité ? Ce sont là deux des nombreuses questions auxquelles l’expérience de réalité virtuelle va nous aider à répondre, » explique Oriol Rios de l'unité HSE, qui participe à l'étude FCC.

L'expérience de réalité virtuelle du CERN ne profitera pas seulement à l'étude FCC. D'autres installations de recherche d'envergure, mais aussi d'autres applications, pourront bénéficier des résultats de l'expérience. « Le niveau d'immersion élevé obtenu permet de simuler différentes situations d'urgence d'une façon sûre, économique et efficace, » explique Oriol Rios.

Dans les mois à venir, l'équipe analysera les résultats et tirera des conclusions sur la faisabilité de la technique de réalité virtuelle en vue d’affiner cette dernière tant pour l'étude FCC que pour l'infrastructure de recherche existante. Les résultats seront également utilisés pour d'autres études dans le cadre de la collaboration en matière de sécurité incendie pour l’étude FCC  ̶ un réseau mondial dont font partie des spécialistes du Fermilab, du laboratoire DESY, de l'installation MAX IV, de la Source européenne de spallation et de l'Université de Lund, sous la direction de Saverio La Mendola, de l'unité HSE du CERN.