Au fil des décennies, Le CERN est devenu synonyme d’excellence en matière de recherche, s’imposant comme un modèle de collaboration scientifique transfrontalière, d’innovation technologique, de formation et d’éducation, et, de plus en plus, par son engagement en faveur d’une recherche durable et respectueuse de l’environnement.
Une gestion environnementale responsable et le développement durable dans la recherche figurent en bonne place parmi les objectifs de la Direction ; elles sont intégrées à tous les niveaux de l’Organisation, grâce à une approche stratégique et proactive déployée au sein du Laboratoire et auprès de la communauté scientifique mondiale du CERN.
Dans ce contexte, contribuer à la réalisation des Objectifs de développement durable (ODD) des Nations Unies s’inscrit dans une continuité naturelle, qu’il s’agisse d’améliorer notre performance environnementale, de nouer des partenariats, de développer des solutions innovantes fondées sur les technologies du CERN, ou de faire progresser des objectifs liés à la santé et au bien-être, à l’éducation, à l’égalité entre les sexes, à l’énergie propre, à l’innovation, au renforcement des institutions et à la coopération internationale.
La stratégie environnementale et de développement durable du CERN repose sur trois principes fondamentaux : minimiser l’impact du Laboratoire sur l’environnement, minimiser la consommation d’énergie tout en améliorant l’efficacité et la réutilisation de l’énergie, et favoriser le développement de technologies susceptibles de contribuer à atténuer l’impact de la société sur l’environnement. Cet engagement s’appuie sur une culture d’amélioration continue.
En février 2023, le CERN a obtenu la certification ISO 50001, norme de référence internationale en matière de gestion de l’énergie, qui atteste des réalisations de l’Organisation dans ce domaine ainsi que de son engagement à poursuivre ses efforts. L’approbation, en janvier 2024, des objectifs environnementaux révisés du CERN pour 2030 a renforcé cette ambition, en fixant des cibles plus exigeantes dans des domaines tels que la consommation d’électricité, les émissions directes de CO₂, l’utilisation de l’eau et la gestion des déchets.
Guidé par cet engagement en faveur d’une recherche écoresponsable, le CERN a mis en œuvre, au fil des ans, de nombreuses initiatives ayant permis de réduire l’impact de ses activités sur l’environnement. Toutefois, la vision de l’Organisation s’inscrit bien au-delà de l’horizon 2030. S’appuyant sur l’innovation et l’ingéniosité qui ont permis de concevoir et d’exploiter certains des instruments scientifiques les plus avancés au monde, les futurs projets phares seront pensés comme des modèles de recherche durable et respectueuse de l’environnement. Ce faisant, le CERN entend démontrer que l’excellence scientifique et la responsabilité environnementale vont de pair, et qu’il est possible de continuer à repousser les frontières de la connaissance et de la technologie tout en préservant le monde que nous partageons tous.
Le CERN est pleinement engagé dans la protection de l’environnement et l’établissement de rapports transparents. Les rapports publics du CERN sur l’environnement définissent des cadres à cet égard, fixant des objectifs concrets, et assurant leur suivi, pour une amélioration constante.
Dans le cadre de cette ambition plus large, le CERN intègre progressivement les dimensions « sociale » et « gouvernance » du référentiel ESG à une stratégie de développement durable globale. Les futurs rapports d’activité évolueront en conséquence, passant d’un reporting axé sur l’environnement à une approche plus globale du développement durable, reflétant les contributions et les impacts de l’Organisation sur les plans économique, social et environnemental.
Cette page fournit des informations complémentaires sur les activités et les réalisations du CERN dans les différents domaines thématiques qui soutiennent une recherche durable et respectueuse de l’environnement.
Collaboration avec les États Hôtes
En matière d’environnement, le CERN coopère étroitement avec ses deux États hôtes. Il définit ses propres règles en se fondant sur celles en vigueur dans ces derniers. Lorsqu’il n’existe pas de réglementation spécifique au CERN, c’est celle la plus pertinente des deux États hôtes qui est adoptée.
En 2007, en collaboration avec le canton de Genève (Suisse) et la préfecture de l’Ain (France), le CERN a mis en place un comité tripartite sur l’environnement dans le cadre d’un mémorandum de coopération relatif aux questions autres que celles ayant trait à la radioprotection. Ce comité se réunit régulièrement lors de sessions techniques, et deux fois par an en séance plénière.
En 2010, le CERN, l’Office fédéral suisse de la santé publique (OFSP) et l’Autorité française de sûreté nucléaire (ASN) ont signé un accord tripartite relatif à la protection contre les rayonnements ionisants et la sûreté radiologique. Cet accord, remplaçant les précédents accords bilatéraux, a établi un cadre juridique pour l’examen des questions relatives à la radioprotection. Il prévoit des réunions techniques régulières, ainsi que des réunions plénières de haut niveau, présidées par le directeur des accélérateurs et de la technologie du CERN. En outre, l’Organisation soumet officiellement des rapports de radioprotection à l’OFSP et à l’ASN, abordant notamment les aspects environnementaux.
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En bref: 2023-2024
Après son redémarrage en juillet 2022, le complexe d’accélérateurs a fonctionné à plein régime pour atteindre un niveau d’énergie inédit de 13,6 TeV. Les périodes d’exploitation comportent des arrêts de quelques semaines à la fin de chaque année pour permettre des travaux de maintenance essentiels. En 2024, un calendrier révisé de l’exploitation et des arrêts du complexe d’accélérateurs a été approuvé, repoussant à mi-2026 la fin de la troisième période d’exploitation et le début du troisième long arrêt.
(Valeurs de 2024 affichées pour chaque domaine)
Explorez les rapports sur l’environnement du CERN.
ÉNERGIE
1290 GWh
Malgré la performance accrue de ses installations, le CERN s’est engagé à limiter à 5 % la hausse de sa consommation d’électricité d’ici à mi-2026 (année de référence : 2018), ce qui correspond à une consommation cible maximale de 1 317 GWh. Il s’est également engagé à réutiliser davantage l’énergie.
Le CERN a consommé 1 096 GWh d’électricité en 2023 et 1 290 GWh en 2024. En outre, pendant cette période, il a consommé 43 GWh (154 TJ) d’énergie générée à partir de combustibles fossiles.
ÉMISSIONS
170 024 teqCO2
L’objectif du CERN est de réduire ses émissions directes de 28 % d’ici à mi-2026 (année de référence : 2018 ; cible maximale : 138 300 teqCO2).
En 2023 et 2024 :
- les émissions directes de champ 1 s’élevaient respectivement à 170 482 et 170 024 tonnes d’équivalent CO2 (teqCO2) ;
- les émissions indirectes de champ 2 liées à la consommation électrique s’élevaient respectivement à 63 572 et 66 965 teqCO2 ;
- les émissions indirectes de champ 3 liées aux voyages professionnels, aux déplacements domicile-travail, à la restauration, au traitement des déchets et à la purification de l’eau (hors achats) s’élevaient respectivement à 10 091 et 11 553 teqCO2 ; les émissions liées aux achats s’élevaient respectivement à 100 512
EAU ET EFFLUENTS
2895 ML
Le Laboratoire s’est engagé à limiter à moins de 5 % la hausse de sa consommation d’eau d’ici à mi-2026 (année de référence : 2018), ce qui correspond à une consommation cible maximale de 3 651 mégalitres, et ce malgré l’augmentation des besoins en refroidissement de ses installations.
En 2023 et 2024, le CERN a consommé respectivement 2 830 et 2 895 mégalitres d’eau.
DÉCHETS
Recyclés à 76%
Le CERN a pour objectif d’améliorer constamment son taux de recyclage des déchets non dangereux. En 2024, ce taux était de 76 %, contre 56 % en 2018.
En 2023 et 2024, le CERN a éliminé respectivement 3 625 et 3 419 tonnes de déchets non dangereux et 1 379 et 975 tonnes de déchets dangereux (conventionnels et radioactifs).
BIODIVERSITÉ
50 hectares de surface d’intérêt écologique
Le plan d’action du CERN en matière de biodiversité pour la période 2021-2025 comprend un ensemble d’initiatives destinées à préserver et améliorer l’environnement naturel du Laboratoire. Les objectifs définis dans ce domaine sont inspirés par la réglementation des États hôtes et les bonnes pratiques en matière de biodiversité.
Un inventaire de la faune et de la flore réalisé en 2022 a permis de classer 50 hectares de zones d’intérêt écologique comme zones prioritaires à protéger lorsque des projets ou travaux sont prévus.
TRANSFERT DES CONNAISSANCES
25 projets
Le programme Innovation en matière d’applications environnementales du CERN (CIPEA) a été lancé en 2022 via un appel à suggestions auprès de la communauté du CERN concernant des applications environnementales innovantes reposant sur les technologies, le savoir-faire et les installations du Laboratoire.
Pendant la période concernée par ce rapport, ce programme a été élargi pour inclure des projets collaboratifs, principalement avec des partenaires industriels, dans des domaines définis dans la stratégie de 2022. Les huit projets CERN initialement retenus commencent à produire leurs premiers résultats.
RAYONNEMENTS IONISANTS
<0.01 mSv
L’Union européenne a fixé à 1 millisievert (mSv) la dose annuelle maximale d’exposition du public à des sources artificielles. Pour sa part, le CERN s’est engagé à ne pas dépasser 0,3 mSv par an. En 2024, la dose reçue par toute personne vivant à proximité du Laboratoire était inférieure à 0,01 mSv.
BRUIT
45 dBA la nuit
Le CERN s’est engagé à limiter le bruit à ses abords à 70 dBA la journée et 60 dBA la nuit.
Les niveaux sonores moyens mesurés aux abords du CERN sont typiquement de 50 dBA le jour et 45 dBA la nuit. En outre, le CERN continue de surveiller l’évolution du bruit dans les zones résidentielles alentour et tient à jour des cartes de son empreinte sonore et des modèles sonores en 3D.
ACHATS ET MATÉRIAUX
Le CERN a fait un grand pas en avant s’agissant d’intégrer la durabilité dans ses processus d’achat en adoptant la Politique pour des achats respectueux de l’environnement, ainsi qu’une stratégie de mise en œuvre, toutes deux approuvées par le Directoire élargi en 2023.
Les besoins en matériaux du Laboratoire sont étroitement liés à ceux de la recherche, des technologies et des infrastructures scientifiques de pointe, qui nécessitent des matériaux d’une qualité exceptionnelle aux caractéristiques uniques. Le présent rapport aborde pour la première fois les pratiques de gestion des matériaux du CERN.
SUBSTANCES DANGEREUSES
>100 m3 d’huile minérale éliminés
Le cadre réglementaire du CERN pour les substances dangereuses traite des risques potentiels pour le sol et l’eau, et évolue constamment en fonction des nouvelles réglementations des États hôtes. Ces substances font l’objet d’une surveillance et de rapports réguliers.
Le programme CIPEA englobe quatre domaines dans lesquels le savoir-faire du CERN peut être utile : énergies renouvelables et à faible émission de carbone ; transports non polluants et mobilité du futur ; changement climatique et contrôle de la pollution ; durabilité et science verte.
