Le génie civil du LHC à haute luminosité

 

Civil engineering,HL-LCH,2018
Génie civil pour Hi-Lumi 2018 (Image: CERN)

 

Quels sont les travaux de génie civil pour le LHC à haute luminosité ?

Les nouveaux équipements du LHC à haute luminosité nécessitent de réaliser des travaux de génie civil sur les sites de l’expérience ATLAS à Meyrin, en Suisse (point 1 du LHC), et de l’expérience CMS à Cessy, en France (point 5 du LHC).

Sur chaque site, les constructions souterraines consistent en :

- Un puits d’une profondeur d’environ 80 mètres

- Un hall souterrain de service qui abritera notamment les équipements de cryogénie

- Une galerie de 300 mètres de long pour les équipements électriques (convertisseurs de puissance)

- Quatre galeries d’environ 50 mètres de long reliant les nouveaux ouvrages d’art au tunnel de l’accélérateur. Elles abriteront des équipements spécifiques, comme les équipements de radiofréquence.

Sur chaque site, les travaux en surface consistent à construire cinq nouveaux bâtiments, représentant une surface totale de 2 800 m2. Ils abriteront les équipements de refroidissement et ventilation ou encore des équipements électriques. Ces bâtiments seront construits à Cessy dans un périmêtre du site élargi, à Meyrin, sur un terrain mis à disposition par la Confédération Suisse.

 

Qui effectue les travaux ?

Deux groupements d’entreprises ont remporté les appels d’offres pour le génie civil. Ils emploieront chacun jusqu’à 70 personnes sur chaque site pendant les pics d’activité.

 

Quel est le calendrier des travaux ?

Les travaux ont débuté en avril 2018 et devraient durer quatre ans. Les travaux souterrains (excavation des puits, cavernes et galeries) seront réalisés en premier et devraient être achevés en 2021. Les bâtiments de surface seront construits entre 2020 et 2022. Les travaux en surface seront effectués seulement durant les jours ouvrés.

 

Que deviendront les matériaux des sols excavés ?

Environ 100 000 m3 vont être excavés pour réaliser les ouvrages souterrains. Les matériaux excavés seront analysés en surface pour en vérifier la qualité. À Meyrin, une grande partie des matériaux d’excavation seront revalorisés sur le site pour créer une plateforme sur laquelle les bâtiments seront érigés. Le reste sera acheminé vers un centre de valorisation. À Cessy, pratiquement tous les matériaux d’excavation seront évacués vers des installations de stockage de déchets inertes situées à moins de 20 km du chantier, pour limiter le transport. Sur les deux sites, la terre végétale sera réutilisée pour l’aménagement paysager.

 

Quel sera l’impact des travaux sur la circulation ?

  • La circulation routière

Pendant la période d’excavation, des camions évacueront les sols vers des centres de traitement ou stockage. Le nombre de camions sera au maximum de 10 par jour quittant le site de Meyrin, et de 10 à 15 par jour quittant le site de Cessy. Ces transports n’interviendront que durant les jours ouvrés (du lundi au vendredi), et, à Meyrin, pendant les heures creuses (9h30 à 12h et 13h à 16h30). 

  • Les voies piétonnes et les pistes cyclables

À Meyrin, le chemin piétonnier reliant le complexe sportif de Maisonnex au chemin de la Berne (direction Nord-Nord Est) sera bloqué pendant les travaux ; un accès sera mis en place via la route de Meyrin et le chemin longeant la frontière.

À Cessy, le chemin piétonnier et cyclable le long du site (chemin du Milieu et chemin de Mouillets) sera maintenu et protégé du chantier.

 

Quel sera l’impact des travaux sur l’environnement ?

Les contrats passés avec les deux groupements de génie civil imposent des contraintes environnementales, notamment l’emploi de spécialistes chargés du suivi des problématiques environnementales du chantier.

  • Le bruit

Les bruits générés par le chantier seront limités pour respecter les réglementations de la France et de la Suisse. Un système acoustique surveillera les niveaux sonores à différents moments. Des mesures sont prévues pour limiter le bruit, comme la construction d’un bâtiment provisoire avec des parois anti-bruit au-dessus de chaque puits pour minimiser les nuisances sonores de l’excavation, ou encore l’installation de silencieux sur les systèmes de ventilation pour les travaux souterrains. Les travaux en surface seront limités aux jours ouvrés, durant la journée.

  • L’air

La libération de poussière dans l’air durant les travaux est encadrée par les réglementations des États hôtes. Des mesures seront mises en place, comme un système de lavage des roues des camions sortant des sites, une limitation de la vitesse des véhicules et un système d’arrosage par temps sec.

  • L’eau

Un plan de gestion des eaux de chantier a été mis en place pour éviter toute pollution. Les eaux pluviales seront isolées le plus possible des zones d’excavation. Une station de traitement de l’eau sera installée sur chaque site pour traiter toutes les eaux en provenance du chantier avant rejet. Un suivi de la qualité de l’eau sera mis en place .

 

Y a-t-il un impact à long terme sur l’environnement ?

  • La circulation

La circulation routière ne sera pas affectée. À la fin des travaux, le chemin piétonnier à Meyrin reliant le complexe sportif de Maisonnex au chemin de la Berne sera restauré avec un tracé modifié pour contourner les nouveaux bâtiments. Le tracé du chemin piétonnier à Cessy restera inchangé.

  • Les espaces verts

Un aménagement paysager est prévu sur les deux sites avec la plantation d’une vingtaine d’espèces locales d’arbres.

  • Le bruit

Une étude acoustique des futures installations a été réalisée et intégrée aux permis de construire. Les émissions sonores resteront en-dessous des limites légales. Tous les nouveaux équipements du LHC à haute luminosité sont installés soit dans des bâtiments de surface avec une isolation acoustique, soit en souterrain.

  • L’eau

À Meyrin, un nouveau bassin de rétention d’eau sera installé pour réguler le rejet des eaux pluviales dans le cours d’eau le Nant d’Avril. Une nouvelle station de surveillance sera mise en service (le CERN compte 27 stations de surveillance de l’eau sur ses sites et à leurs abords). Un bassin similaire existe déjà à Cessy pour réguler les effluents relâchés dans l’Oudar. À Cessy, deux nappes phréatiques sont situées sous le site de l’expérience. Le chantier ne traversera que la nappe superficielle : une paroi circulaire étanche sera d’abord mise en place sur 15 mètres de manière à isoler la nappe et pouvoir creuser à l’intérieur. La nappe la plus profonde ne sera pas traversée par les travaux.