Il y a au CERN des couloirs où s’alignent des portes en bois et de vieux placards en métal, et où les murs sont recouverts d’un mélange d’affiches écornées annonçant des conférences passées depuis longtemps, de photos et de bandes dessinées.

Cet endroit, connu au CERN comme le « couloir de la Théorie », est le repaire de certains des esprits les plus brillants du monde.

Derrière les lourdes portes de bois, les théoriciens utilisent équations, modélisation informatique et logique pour essayer de comprendre les lois qui gouvernent notre Univers. C’est ici qu’éclosent des idées comme la supersymétrie, souvent plusieurs dizaines d’années avant que les technologies et les expériences parviennent à fournir des éléments pour les valider.

Les théoriciens jouent un rôle essentiel dans le monde de la physique des particules ; ce sont eux qui fournissent aux expérimentateurs un cadre pour mener leurs recherches. Leur travail, qui a toujours été un point de départ pour la physique au CERN (le « Groupe des études théoriques » a même été créé avant que l’emplacement du CERN ait été choisi), permet d’indiquer aux physiciens ce qu’ils doivent chercher et où ils doivent le chercher pour la prochaine découverte.

Dans les semaines à venir, la série « En Théorie » vous présentera le département Théorie et vous donnera un aperçu des coulisses du département et du quotidien de certains de ses membres.

Personalities and History of CERN
Dans ce couloir, plusieurs des portes sont couvertes de bandes dessinées, d’affiches de manifestations ou de messages humoristiques adressés aux occupants des bureaux. Souvent, un même bureau est utilisé pendant de nombreuses années par le même physicien et, quand il n’y a plus d’espace sur la porte, les affiches se répandent sur les murs, qu’elles envahissent jusqu’à former un véritable patchwork. (Image : Sophia Bennett/CERN)
Personalities and History of CERN
L’un des premiers bureaux sur lesquels vont tomberez est celui de Wolfgang Lerche, qui était chef du groupe Théorie jusqu’en décembre 2015. Wolfgang Lerche a grandi à Munich, et il se démarque des autres théoriciens car, quand il étant enfant, il aimait les activités manuelles et bricolait sur des radios et des appareils électroniques ; un trait de personnalité plus généralement répandu chez les expérimentateurs. (Image: Sophia Bennett/CERN)
Personalities and History of CERN
Beaucoup de théoriciens doivent voyager régulièrement ou partir à l’étranger pour leur travail. Les membres du personnel expérimentés ont leur propre bureau, mais les doctorants, les étudiants d’été et les visiteurs scientifiques partagent tous des bureaux. Les bandes de papier blanches collées sur cette porte font office de plaques nominales. Il n’y a ainsi pas besoin de les réimprimer à chaque fois : quand une personne prend ses quartiers dans le bureau, elle glisse son nom à la place prévue, puis l’enlève et le recolle sur la porte à son départ. (Image : Sophia Bennett/CERN)
Personalities and History of CERN
L’un des bureaux les plus facilement reconnaissables est celui de John Ellis, du King’s College, à Londres. Il a décidé qu’il voulait être physicien à l’âge de 12 ans, quand il a commencé à lire des livres de physique de la bibliothèque car il était encore trop jeune pour emprunter « de bons livres de fiction ». (Image: Sophia Bennett/CERN)
Son bureau au CERN déborde de livres et de papiers, et son tableau noir est recouvert de mots de ses étudiants – dont beaucoup qui le taquinent à propos de ses recherches sur la théorie de la supersymétrie (SUSY). (Image : Sophia Bennett/CERN)
Personalities and History of CERN
Le secrétariat de la théorie, qui occupe le dernier bureau du couloir, est le centre névralgique du département. Il est essentiel à la vie qui se déroule dans ces couloirs, et ses tâches vont de la préparation de séminaires à l’accueil des théoriciens visiteurs. (Image : Sophia Bennett/CERN)
Personalities and History of CERN
« Nous nous intéressons aux plus grandes questions, à découvrir pourquoi et comment les choses marchent : c’est là l’essence de la physique théorique », explique Gian Giudice, nouveau chef du département Théorie, qui apparaît ici dans son bureau, en plein entretien pour la série « En Théorie ». (Image : Sophia Bennett/CERN)