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Centre de contrôle du CERN : gérer les problèmes techniques

Les équipes se relaient 24 heures sur 24 pour surveiller les systèmes techniques et réagir rapidement aux alertes sur tous les accélérateurs du CERN

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Centre de contrôle du CERN : gérer les problèmes techniques

Chris Wetton, de la section Infrastructure technique du groupe Opérations, surveille de près les écrans du Centre de contrôle du CERN (Image: Stephanie Hills)

Une version longue (en anglais) de cet article est parue dans UK news from CERN

Si une alerte technique vient à se déclencher au CERN, elle apparaîtra très probablement sur l’un des 15 écrans surveillés par Chris Wetton, au Centre de contrôle du CERN.  Chris Wetton fait partie de la section Infrastructure technique du groupe Opération, comptant huit personnes, chargée de surveiller, 24 heures sur 24 et sept jours sur sept, l’ensemble des systèmes techniques desservant le complexe d’accélérateurs du CERN. Un système de capteurs et de commutateurs répartis sur l’ensemble du complexe permet de transmettre une alerte dès qu’un écart est détecté, afin que l’équipe puisse agir rapidement.

Le mur d’écrans est intimidant : sur certains moniteurs, des schémas de principe et des synoptiques du réseau électrique ; sur d’autres, des lignes de texte de différentes couleurs indiquant le niveau de priorité d’une alerte, de zéro (blanc ou gris, simple information) à trois (rouge, nécessitant l’intervention immédiate du service Secours et feu). Il n’y a heureusement aucune ligne rouge. La plupart des messages affichés sont en jaune, indiquant des problèmes techniques de niveau deux. Après bientôt dix années passées à ce poste, Chris Wetton est en mesure d’analyser rapidement les informations pour évaluer posément la situation.

« Nous surveillons tout : alarmes incendie, gaz, systèmes de chauffage et de ventilation, dispositifs d’évacuation, portes automatiques, explique-t-il. Si une alerte se déclenche, nous identifions le problème et tentons de le résoudre. »

Selon Chris Wetton, les alertes de niveau deux sont les plus courantes lors d’un arrêt technique, quand des opérateurs travaillent sur les machines. « Nous devons savoir qui travaille à quel endroit, quelles sont les opérations effectuées et quelles alertes pourraient se déclencher. La plupart des gens nous informent avant de commencer une opération, mais ce n’est pas toujours le cas, déclare-t-il. C’est assez calme quand les accélérateurs sont en fonctionnement, mais, en ce moment, nous traitons entre 200 et 280 appels par jour. »

Au cours du premier long arrêt (LS1) en 2013, 1,8 millions d’alertes ont été enregistrées. Un chiffre astronomique, et le double du nombre total d’alertes en 2012 ; il a fallu prendre en charge chacune de ces alertes. En période d’exploitation normale il n’y a qu’une seule personne de service à la fois, mais pour le LS1 des ressources supplémentaires ont été nécessaires ; des volontaires rattachés à d’autres services de l’Organisation ont donc été recrutés pour renforcer l’équipe. L’expérience leur a donné un aperçu de la complexité des opérations au CERN.

L’équipe possède une telle connaissance du Laboratoire qu’elle constitue souvent le premier point de contact quand il s’agit de faire face à un incident, que celui-ci soit ou non en rapport avec le complexe d’accélérateurs. Ce qui peut parfois entraîner des situations insolites : « Il y a quelques jours, nous avons été sollicités parce que les moutons qui pâturent dans une partie du site principal s’étaient échappés. L’élevage ovin ne fait pas vraiment partie de nos compétences, mais il se trouve que nous avons le numéro de l’éleveur, et nous avons bel et bien résolu le problème ! »

Sans parler de leurs éventuelles compétences en agriculture, Chris Wetton et ses collègues proviennent d’univers professionnels variés : la cryogénie, les systèmes électriques, les cargos, ou encore les sous-marins. Pour sa part, Chris Wetton a fait ses débuts chez Philips, où il travaillait à l’entretien d’équipements RF, d’ultravide, de cryogénie et de métrologie d’une salle blanche pour la fabrication de dispositifs semi-conducteurs. « Le CERN utilise en grande partie la même technologie, mais à bien plus grande échelle ! explique-t-il. Ce qui me plaît, ce sont les interventions directes. À l’occasion du LS1, on nous a confié plus de responsabilités et nous avons eu plus d’occasions de nous rendre sur place ; j’espère que cela va continuer. »