Mise à jour : Vous avez apprécié notre poisson d’avril ? Aucune course de karts ne sera organisée dans le tunnel, mais de grands travaux sont prévus en vue de la mise en service du LHC à haute luminosité et de ses nouvelles technologies. L’illustration est basée sur une photo réelle, prise au CERN en 1991, du monorail utilisé pour le transport des personnes et des équipements dans le tunnel à l’époque du Grand collisionneur électron-positon (LEP), qui a précédé le LHC.
Après les souris-robots, dont la mission sera d’inspecter la ligne de faisceau, les ingénieurs du CERN proposent une nouvelle innovation : un superkart, grâce auquel les opérateurs pourront circuler à grande vitesse dans le tunnel souterrain du LHC pendant les grands travaux de mise à niveau qui doivent commencer cet été.
Ces karts auront certainement un effet turbo pour les nombreuses activités prévues pendant le troisième long arrêt (dit LS3), qui permettra de transformer le LHC en LHC à haute luminosité. Les karts viendront remplacer les vélos, utilisés jusqu’à présent pour se déplacer dans le tunnel souterrain de 27 km. Les équipes techniques pourront ainsi se rendre à toute vitesse aux différents points de l’anneau.
« Chaque kart est équipé d’un boost, constitué de 64 supermoteurs à alimentation par supraconducteurs, explique le chef de projet, Mario Idraulico. Lorsque ces moteurs seront superrefroidis, l’effet Meissner leur permettra de foncer à toute allure dans le tunnel. Comme on dit chez moi, mamma mia ! »
Les premiers tests sont prometteurs. La prochaine étape consistera à tester différentes conceptions de kart en organisant une course dans le tunnel. « Les véhicules seront équipés d’un dispositif spécial appelé CAR-apace, qui impose régulièrement des arrêts de sécurité », explique Luigi Fratello, coordinateur de sécurité. Sa réponse aux coureurs qui demandaient l’installation de bananes dans le tunnel : « Oh, non ! ».
Ces karts, mis au point pour répondre aux besoins du programme de recherche fondamentale du CERN, pourraient cependant avoir des applications plus générales. Le groupe Transfert de connaissances du CERN a ainsi entamé des discussions avec la startup européenne Quantum Mushroom en vue d’étudier des applications aérospatiales ainsi que le développement de véhicules anti-gravité de prochaine génération.
On ne s’en douterait pas, mais ce projet est né d’une collaboration entre les services d’ingénierie du CERN et les jeunes cerveaux du Jardin d’enfants du CERN – magnifique exemple de collaboration intergénérationnelle. « C’est vraiment super que les prototypes du CERN aient été inspirés par les karts imaginés par les enfants », s’exclame Yoshi Kyouryuu, enseignante, qui est justement en train de peindre des pois verts sur les coquilles pour la traditionnelle chasse aux œufs proposée aux enfants.
« Dans notre enseignement, nous nous efforçons d’encourager la curiosité dès le plus jeune âge ; c’est pourquoi vous voyez ces points d’interrogation sur nos murs jaunes, explique la directrice du Jardin d’enfants, Harmonie Peach. « Les enfants ont des capacités étonnantes. Contribuer au projet de LHC à haute luminosité permet en quelque sorte de les débloquer ! »