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Changer les choses grâce à la science

Pour la Journée internationale des femmes et des filles de science, des chercheuses du CERN évoquent leur parcours et la manière dont leurs travaux peuvent influencer la société à travers de nouvelles technologies et applications

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Etiennette Auffray, physicienne franco-suisse, met au point des détecteurs à scintillateurs pour la physique des hautes énergies, ainsi que des applications liées en particulier aux scanners TEP. (Image: Julien Ordan/CERN) (Image: CERN)

À l'occasion de la Journée internationale des femmes et des filles de science, le 11 février, des chercheuses du CERN évoquent leur parcours professionnel en science et la manière dont leurs travaux peuvent trouver des applications dans l'industrie et toucher la société. Chaque jour, d'ici au 11 février, nous présenterons une scientifique différente.

Etiennette Auffray : « Tout le monde doit faire face un jour ou l'autre à un problème de santé. Je serai très heureuse si les résultats de la recherche sur les détecteurs à laquelle je participe peuvent contribuer au progrès des instruments utilisés pour le diagnostic médical. »

« J'aime vraiment beaucoup l'environnement international, multiculturel et ouvert qu'on trouve au CERN. Le CERN est vraiment un lieu formidable où des personnes venant de différents pays et de différentes cultures peuvent travailler ensemble sur un objectif commun ! »

Etiennette Auffray, physicienne franco-suisse, est arrivée au CERN comme doctorante en physique. Tout au long de sa carrière au CERN, elle a toujours travaillé à la fois au développement des détecteurs et au transfert de connaissances. Elle est aujourd'hui coordinatrice technique du calorimètre électromagnétique de CMS, qui comporte 75 848 cristaux scintillateurs. Elle est également porte-parole de la collaboration Crystal Clear et coordonne plusieurs activités de recherche concernant le développement de détecteurs de physique des hautes énergies à scintillateurs ainsi que d'autres applications, en particulier la tomographie à émission de positons (TEP).

Elle trouve intéressant d'associer recherche fondamentale et recherche associée, et aussi de faciliter le transfert dans d'autres secteurs, en particulier le secteur médical, de technologies mises au point pour la physique fondamentale. « Tout le monde doit faire face un jour ou l'autre à un problème de santé. Je serai très heureuse si les résultats de la recherche sur les détecteurs à laquelle je participe peuvent contribuer au progrès des instruments utilisés pour le diagnostic médical. »

Wioletta Kozlowska : « Mes simulations contribuent à l’amélioration de la thérapie par particules pour les patients atteints de cancer »

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Wioletta Kozlowska, ingénieure biomédicale et physicienne médicale polonaise, travaille à améliorer la précision des traitements par particules (Image: Julien Ordan / CERN) 

« Je me souviens du plaisir que j'ai eu à démonter de vieux téléphones et radios avec mon grand-père. »
 
Wioletta Kozlowska, ingénieure biomédicale et physicienne médicale polonaise, est tombée amoureuse de la science dès son plus jeune âge. « Je voulais d’abord devenir astronaute, puis eje me suis passionnée pour la biologie, la chimie et la médecine. » Son intérêt epour les technologies et la médecine l’ont donc menée à étudier le génie biomédical. Elle a obtenu  un Bachelor incluant de l’électronique et de l’informatique, puis un aeMaster en génie biomédical. Elle termine actuellement son doctorat en physique médicale.
 
Les accélérateurs pour la médecine ont attiré son attention et l'ont amenée au CERN. Elle travaille maintenant dans le domaine de la thérapie par particules, développant le code FLUKA Monte Carlo, qui est largement utilisé pour simuler le flux des particules et leurs interactions, dans son cas en utilisant des données réelles de patients. Elle valide, développe et intègre ce code et ses modèles physiques pour les thérapies par protons et par ions. « J'aime être en contact avec des installations médicales et je constate que ce projet a un impact. Il fournit des solutions aux problèmes actuels de la thérapie par particules et améliore la précision du traitement. »
 
En tant que jeune fille, il n’était pas toujours facile d’étudier et de travailler dans un domaine technique. « Si je devais recommencer, je m'encouragerais simplement à poser plus de questions, à participer plus activement aux discussions et à me battre pour mes idées. »

Alessandra Lombardi : « Je conçois des accélérateurs linéaires, notamment pour des applications médicales »

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Alessandra Lombardi, physicienne des accélérateurs italienne, travaille dans le domaine des accélérateurs linéaires et contribue notamment au nouvel accélérateur Linac4, illustré ici (Image: Julien Ordan / CERN) (Image: CERN)

« J’ai probablement été attirée par les sciences dès l'enfance du fait de ma fascination pour les travaux de Galilée ! »

La physicienne italienne, Alessandra Lombardi, travaille dans le domaine des accélérateurs linéaires et est notamment impliquée dans la mise en service du nouvel accélérateur Linac4 qui alimentera en protons le complexe d’accélérateurs du CERN et le LHC dans les années à venir. Alessandra fournit des directives techniques pour la conception des accélérateurs linéaires, en mettant un accent particulier sur leur utilisation dans des applications médicales, telles que les installations d'hadronthérapie.

Elle s’est passionnée pour la physique des accélérateurs pendant ses études de physique à l'université. « J'ai eu beaucoup de chance de pouvoir continuer dans ce même », reconnait-elle. Dans son rôle actuel, elle aime l'équilibre entre créativité et rigueur : « Il y a une alternance entre travail théorique et travail pratique dans ce que je fais ». ​​​

Marie Nowak : « J'aime adapter les technologies des détecteurs aux besoins des médecins »

Femme scientifique avec un détecteur
Marie Nowak, physicienne française, adapte un détecteur à pixels hybride à l'environnement médical (Image : Julien Ordan/CERN)

« Si je rencontrais la petite que j'étais autrefois, je lui dirais de croire en elle. »

Depuis qu'elle est enfant, Marie Nowak, physicienne française, est attirée par la science. « Mes parents m'ont toujours expliqué comment le monde et les objets qui le composent fonctionnent. » 

Elle a décidé de faire des études scientifiques. Un bachelor, puis un master de physique, et enfin un doctorat. À présent, elle travaille sur un détecteur à pixels hybride, développé dans le cadre de la collaboration Medipix au CERN. Elle doit adapter le détecteur à l'environnement médical.  

Elle voit dans cette activité l'aboutissement de ses études. « J'aime l'approche plutidisciplinaire de mon doctorat, qui allie le travail d'équipes scientifiques aux besoins pratiques des médecins. » 

Mar Capeáns : « La science m'a donné un espace pour développer mon imagination et ma créativité »

une femme scientifique avec des cables
Mar Capeáns, physicienne espagnole, dirige la progression de projets de grands détecteurs complexes, depuis la conception jusqu'à la construction, en passant par la réalisation de prototypes (Image : Julien Ordan/CERN)

« Quand j'étais enfant, j'ai choisi d'étudier les sciences parce que cela me donnait un espace pour développer mon imagination et ma créativité, assorti d'une approche rigoureuse et structurée permettant de trouver des solutions à des problèmes nouveaux. »

La scientifique espagnole Mar Capeáns dirige actuellement le groupe de planification des projets du département Technologie du CERN. Elle travaille ainsi en étroite collaboration avec les expériences du CERN afin de préparer les améliorations de leurs détecteurs. Son rôle consiste entre autres à examiner la maturité de nouvelles conceptions de détecteurs et à diriger la progression de ces grands projets de détecteurs complexes, depuis leur conception jusqu'à leur construction, en passant par la réalisation de prototypes.

Elle a commencé à travailler au CERN peu après avoir obtenu son diplôme en physique. « J'ai compris rapidement que la physique des particules était un domaine riche de défis, qui progresse grâce à de nouvelles théories et découvertes ainsi qu'au développement de nouvelles technologies, le tout dans un environnement très collaboratif. » Ses fonctions au CERN ont changé et évolué avec le temps ; l'un des aspects qu'elle valorise est le fait de toujours chercher à travailler avec les personnes les plus compétentes et à apprendre de celles-ci.

« Je travaille avec des personnes brillantes, qui ont des connaissances très pointues ; cela peut entraîner des difficultés lorsqu'il faut réunir tous les éléments d'un projet. Mais j'aime aussi l'aspect collaboratif des projets scientifiques. Nous travaillons avec une grande équipe, composée de personnes du monde entier et de beaucoup de personnes jeunes, ce qui apporte un plus à ces équipes. »