Découverte de la particule « Calimero »

L'expérience LHCb annonce la découverte de la particule « Calimero » prédite par la théorie depuis plus de quarante ans. (Image: Sophia Bennett and Daniel Dominguez/CERN)

Mise à jour 2 avril 2018 : Avez-vous aimé notre poisson d’avril ? Si vous voulez en savoir plus sur les (vraies) dernières nouvelles du CERN, découvrez nos articles les plus récents : home.cern/fr 

L'expérience LHCb auprès du Grand collisionneur de hadrons (LHC) du CERN vient d'annoncer la découverte de l’œufron ηgg, familièrement surnommé la particule Calimero, qui est la plus petite particule assurant la cohésion de la matière.

Les crânes d'œuf du Laboratoire estiment que c'est la découverte la plus ébouriffante depuis la découverte du boson de Higgs, en 2012. Les œufrons, prédits par la théorie il y a plus de quarante ans, sont constitués uniquement de gluons, porteurs de l'interaction nucléaire forte, c'est-à-dire de la force qui assure la cohésion de la matière à l'intérieur des protons, des neutrons et des noyaux.

Cette particule ηgg, constituée de deux gluons, a une masse atomique de 1,8 GeV/c2, soit environ deux fois la masse du proton, valeurs compatibles avec les calculs réalisés par des équipes de théories de l'INFN. Sa durée de vie est très courte, et elle se désintègre en deux photons. Cette caractéristique l'a fait surnommer « Calimero », du nom de ce célèbre personnage de dessin animé à qui il n'arrive que des malheurs. La collaboration LHCb a produit la particule ηgg en faisant entrer en collision deux faisceaux d'ions lourds de haute énergie, créant ainsi une région infime contenant une matière extrêmement chaude et riche en gluons, ce qui a permis à la particule jusqu'ici inconnue de coaguler.

C'est la durée de vie très courte de la particule ηgg qui a inspiré le sobriquet « Calimero » (c'est vraiment trop injuste!). (Image: Daniel Dominguez/CERN)

« Les signaux étaient pas mal brouillés, alors au début, on marchait sur des œufs, explique Giovanni Passalova, chef de la collaboration LHCb et chercheur à l'INFN. Mais nous avons obtenu le résultat que nous appelions de nos vœufs ! Tout n'a pas été facile, nous avons notamment rencontré des difficultés pour expliquer la distribution de Poisson observée dans les données. De plus, nous avions peur de nous faire souffler nos données, mais, en même temps, on n'arrive à rien si chacun reste dans sa coquille. Beaucoup de défis donc, mais nous avons su y ré-pondre. Aujourd'hui, je n'ai pas peur de dire que la découverte de la particule ηgg ouvre la voie à la grande unification entre la physique subatomique et la gastronomie moléculaire. »

Plus d'informations dans l'article de l'expérience LHCb (en anglais) ici.