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Le CERN développe un outil de sécurité cryogénique

Le CERN a accueilli 120 experts lors du séminaire sur la sécurité cryogénique. Ils ont parlé entre autres de Kryolize, un nouvel outil du CERN

Le CERN développe un outil de sécurité cryogénique

Quelque 120 experts ont assisté au séminaire du CERN sur la sécurité cryogénique le mois dernier. (Image: M. Brice/CERN)

Le CERN, qui héberge la plus grande machine cryogénique au monde, le LHC, est à la pointe de la sécurité cryogénique, surtout aux températures extrêmement basses. Il était donc naturel que l'unité HSE invite des experts de la sécurité cryogénique du monde entier au CERN, pour leur permettre de se rencontrer et de parler des bonnes pratiques. Pendant trois jours, au mois de septembre, 120 experts de la sécurité cryogénique ont évoqué leurs recherches et les difficultés auxquelles ils sont confrontés. Ils ont longuement parlé des cadres réglementaires, et ont pu visiter des installations cryogéniques du CERN. Leurs discussions ont également porté sur Kryolize, nouvelle technologie du CERN conçue sur mesure pour le LHC et présentant un vaste potentiel d'applications.

Kryolize est un outil logiciel utilisé pour estimer la taille des soupapes protégeant des surpressions. Basé sur des normes internationales et européennes, il a été conçu initialement pour répondre aux besoins spécifiques du CERN, qui devait mettre au point des soupapes destinées à être utilisées aux températures très basses de l'hélium liquide. Environ 120 tonnes d'hélium liquide sont utilisées au LHC pour refroidir 36 000 tonnes d'aimants supraconducteurs à une température d'à peine 1,9 degré supérieure au zéro absolu. Kryolize a ainsi comblé une lacune très importante. « Il existe des normes dans l'industrie, mais pas pour les températures très basses auxquelles nous travaillons, explique Andre Henriques, chef de projet. L'avantage exceptionnel de Kryolize, c'est que vous pouvez l'utiliser pour tout type de cryogénie, qu'il s'agisse d’hélium, d'argon ou d'azote liquide. »

Kryolize est soutenu par le groupe Transfert de connaissances (KT), et bénéficie d'un financement du fonds KT du CERN. Depuis 2015, cet outil est de plus en plus demandé. Le projet étant financé par le fonds KT, la vérification expérimentale des paramètres cryogéniques utilisés dans l’outil ainsi que le développement du logiciel sur une interface utilisateur graphique et l’harmonisation des paramètres sont des objectifs majeurs. D'excellents progrès ont été réalisés sur ces aspects, pour le premier via une collaboration pour des travaux de R&D avec l'Institut de technologie de Karlsruhe (KIT), en Allemagne. On compte actuellement 30 utilisateurs de Kryolize au CERN et, à ce jour, six licences ont été concédées à d'autres laboratoires de recherche. Andre Henriques prévoit que, quand il arrivera à son terme, mi-2017, le projet pourra avoir des applications dans des domaines allant de l'industrie alimentaire aux techniques cryogéniques en médecine.

Les deux premiers jours du séminaire, les Cernois et Cernoises ont pu découvrir le rôle du CERN dans la sécurité cryogénique en discutant autour d'un échantillon de crème glacée, congelée de manière ultra-rapide avec de l'azote liquide, au restaurant 1.

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Philippe Moret prépare de la glace à l'azote liquide, tandis que des représentants de l’unité HSE parlent de sécurité cryogénique avec les visiteurs. (Image : M.Brice/CERN)

Après trois jours au CERN, les participants sont repartis mieux informés sur la sécurité cryogénique dernier cri et désireux d’en apprendre encore davantage. « Cette manifestation montre vraiment que la sécurité cryogénique est tout aussi importante que le développement de nouvelles technologies cryogéniques », conclut Andre Henriques. Ce premier séminaire du CERN sur la sécurité cryogénique pourrait être le premier d'une série internationale, afin que la sécurité soit pleinement prise en compte dès le début d’un projet.

Steffen Grohmann, de l'Institut de technologie de Karlsruhe (KIT), évoque la collaboration CERN-KIT sur la sécurité cryogénique. (Video: CERN)
Andre Henriques parle du projet Kryolize. (Video: CERN)