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Giovanni Passaleva prend les rênes de la collaboration LHCb

Le nouveau porte-parole de l'expérience LHCb explique la manière dont il envisage son mandat

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Giovanni Passaleva prend les rênes de la collaboration LHCb

Le nouveau porte-parole de l'expérience LHCb, Giovanni Passaleva. (Image : Sophia Elizabeth Bennett/CERN)

Giovanni Passaleva, de l'Institut national italien de physique nucléaire (INFN) de Florence, est, depuis le 1er juillet 2017, le nouveau porte-parole de l'expérience LHCb, succédant à Guy Wilkinson. Pendant son mandat de trois ans, il sera à la tête d’une collaboration d'environ 1 200 personnes de 72 instituts de physique du monde entier.

Après un cursus axé sur les lettres classiques et l'histoire au secondaire, Giovanni Passaleva a étudié la physique à Florence, dans les années 1980, au moment où la découverte des bosons Z et W, pour laquelle le physicien italien Carlo Rubbia fut récompensé par le prix Nobel de physique, suscitait un grand enthousiasme parmi la communauté italienne de physique. En 1994, il a terminé sa thèse de doctorat au sein de l'expérience L3 du Grand collisionneur électron-positon (LEP), portant sur la conception et fabrication du détecteur de vertex de l'expérience L3. Giovanni Passaleva est membre de la collaboration LHCb depuis l'année 2000. Il a alors commencé à travailler à la construction et à la mise en service des chambres proportionnelles multifils pour le système à muons de LHCb. Devenu chef de projet pour le système à muons en 2008, il a été désigné coordinateur de l'amélioration du détecteur de LHCb en 2014.

Giovanni Passaleva prend les rênes de la collaboration au moment où elle connaît de nombreux succès : il y a quelques mois, elle obtenait en effet plusieurs résultats intéressants sur certaines mesures de physique de la saveur. Mais c'est également une période critique pour l'expérience, car il faut réaliser simultanément son exploitation et l'ensemble des activités en vue de son amélioration. « Nous sommes dans une phase de transition : après la période de R&D, nous allons passer à la construction, et la phase d'installation approche rapidement, explique Giovanni Passaleva. Néanmoins, 2018 sera encore une année d'acquisition de données : davantage de données sont nécessaires pour mener à bien plusieurs flux d'analyse de physique fondamentale. Les données de la deuxième période d’exploitation sont une mine d'or, qu'il faut pleinement mettre à profit, souligne-t-il. Comme nous devons mener de front les deux activités, la collaboration est dans une sorte d' “état de superposition”. L'une de mes priorités principales est d'optimiser l'organisation de la collaboration pour que nous soyons prêts à relever tous les défis auxquels nous allons faire face et à saisir toutes les chances qui vont se présenter dans un avenir proche. »

Pour fonctionner à plus haute luminosité, le système de déclenchement de LHCb doit être remplacé. Cette importante modification implique une révision complète de l’électronique de lecture et la reconfiguration de plusieurs sous-détecteurs, requérant de nombreuses innovations. Le nouveau système de déclenchement reposera entièrement sur une solution logicielle, et traitera la totalité des données transmises par le détecteur 30 millions de fois par seconde. « Cette amélioration représente un changement radical pour les expériences de physique des hautes énergies, car la séquence traditionnelle “détection - déclenchement - acquisition des données - reconstitution des événements” va être remplacée par une démarche “détection - déclenchement - analyse”, ajoute Giovanni Passaleva. Nous sommes les précurseurs d'une nouvelle méthode de physique des particules, qui sera sans aucun doute adoptée à l'avenir pour les expériences de haute luminosité. »

« De nombreux concepts développés pour l'amélioration de LHCb peuvent être testés avec la configuration expérimentale actuelle, explique Giovanni Passaleva. C'est particulièrement gratifiant de voir avec quel enthousiasme les équipes proposent des solutions innovantes concernant l'application de ces nouvelles méthodes d'analyse, ou conçoivent et testent des stratégies de déclenchement révolutionnaires », se réjouit-il.

Le nouveau porte-parole de l'expérience LHCb rend hommage à ses éminents prédécesseurs : « Je succède à Guy Wilkinson, qui a fait un travail remarquable pour maintenir le dynamisme et la bonne santé de la collaboration. Lui et Monica Pepe-Altarelli ont mis en place de nombreuses initiatives qui se sont avérées fructueuses, et j'ai bien l'intention d'adopter leur style de gestion. En particulier, je suis déterminé à perpétuer et à améliorer encore le “style LHCb”, qui consiste à soutenir les personnes qui ont de nouvelles idées, notamment les jeunes membres de la collaboration, en les orientant et en les aidant à s'organiser, pour les guider vers la réussite. Je compte beaucoup sur Chris Parkes, nouveau porte-parole adjoint, pour m'aider dans cette formidable aventure. »

L'avenir s'annonce prometteur : « Actuellement, en physique des hautes énergies, il est devenu tout aussi essentiel de développer de nouvelles techniques de calcul que de fabriquer des détecteurs plus rapides et plus sensibles. Le futur des détecteurs de haute luminosité passe par l'amélioration de l'efficacité des algorithmes logiciels, et mon travail sera de faire en sorte que LHCb devienne un pionnier dans ce domaine. »


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